1.0 Etymologie

Christian BALLAND

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Le barda est lourd, la marche harassante et le froid du mois de mars 1835 naissant est sans pitié pour la colonne du 2ème régiment de chasseurs de la légion. Mathieu Kauffeman, alsacien de vingt-quatre ans, connait bien le froid, mais, transis, il n’avance plus et s’effondre, épuisé… Pour quelle raison succombe-t-il dans la nuit du 1er au 2, nul ne le saura jamais. Quelques heures après, on perçoit croissant le jeu de claquettes des sabots ferrés et de la diligence cahotante partie de Montgiscard ou de Baziège. Les passagers de la chaleureuse expédition, insouciants, tournent à peine leurs regards vers le bivouac. Ils ignorent tout du drame. Et le soldat? Savait-il qu’il marchait sur les pas d’une autre légion passée là il y a… dix-huit siècles, sur une voie qui avait nom Via Aquitania, volonté de l’empereur Auguste de relier Narbonne, capitale de la Gaule narbonnaise, à Toulouse et Bordeaux?

Dans le monde antique, les unités de longueur reflètent les parties visibles du corps et leurs proportions: le doigt, digitus, la paume, palmus, le pied, pes, la coudée, cubitus, le pas simple, gradus et le pas double, passum. Les distances se calculent en mille pas, milliarum et en mille double pas, ou millia passum. Ce dernier, appelé mille romain, était dans notre région arrondi à 1480 mètres.

C’est du latin!, me direz-vous.

Mais oui, et pourtant vrai! Le village pourrait devoir son nom à l’anatomie d’un romain et à sa situation au dixième double mille de la Via Aquitania depuis Tolosa : decima. Une preuve de plus s’il en fallait, Pompertuzat est placé ad nonum, au neuvième…

La tradition populaire veut qu’une borne milliaire se soit trouvée au bas de la côte de Montbois. Probablement, pour ce qui est de l’existence de la borne. Moins sûr pour son emplacement. À quelques centaines de mètres existent les vestiges d’une route secondaire. Première trace de l’occupation romaine au delà de la Via pour une simple halte dans un relais pour des légions en mal de repos ou prémices d’une communauté, même à des fins militaires?…

Même si l’étymologie antique est la plus retenue, Deyme pourrait résulter du nom dîme, decime, dixme, deysme, deyme, diesme en ancien français, dont le deymage, ou dismage était l’assujettissement. Si l’on remonte à la généralisation et à la reconnaissance de cet impôt dû au clergé sous le pape Adrien II, le village aurait vu le jour au VIIIème siècle. Une parcelle, dite sol de la dîme, sol du dixme ou du disme, apparaît sur les anciens cadastres à l’angle de la Route de Pompertuzat et de l’impasse de Rouxille. Là s’élevait la “grange dismerresse”.  

 

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